Le VIH est incurable, mais on peut le traiter et éviter de le transmettre. La prévention de nouvelles contaminations est le seul moyen de vaincre le SIDA.
L'épidémie de VIH/SIDA lance un défi sans précédent à l'humanité. À une époque, le VIH/SIDA était concentré essentiellement en Afrique subsaharienne, mais l'épidémie ne connaît pas de frontières. Elle frappe toutes les régions du monde et aucun groupe n'est épargné quel que soient son âge, son sexe, sa situation économique ou géographique, ou encore son orientation sexuelle. Le VIH/SIDA est aujourd'hui la quatrième cause de décès dans le monde.
Épidémies concentrées
Dans plusieurs pays, on
considère encore que le VIH est « peu répandu » ou « concentré », qu'il reste
essentiellement confiné à certains groupes à particulièrement haut risque, comme
les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les toxicomanes qui
s'injectent de la drogue et les personnes qui travaillent pour l'industrie du
sexe. Une épidémie est considérée comme « concentrée » quand moins de 1 % de la
population générale mais plus de 5 % de tout groupe à « haut risque » sont
séropositifs.
Épidémies généralisées
En Afrique subsaharienne,
dans certaines régions d'Asie, d'Amérique centrale et des Caraïbes, le VIH est
une épidémie « généralisée » qui ne se limite pas à une couche particulière de
la population. Une épidémie est considérée comme étant « généralisée » quand
plus de 1 % de la population est porteuse du virus.
· Afrique subsaharienn
Neuf enfants sur 10 porteurs du VIH ou malades du SIDA sont africains.
L'Afrique subsaharienne
est la région la plus durement frappée de la planète. Représentant juste 11 % de
la population mondiale, la région abrite les trois quarts des personnes vivant
avec le VIH et le SIDA. Près de 30 millions de personnes sont porteuses du virus
et le SIDA est la cause principale de décès sur le continent. Dans 12 pays, une
personne sur 10 âgée de 15 à 49 ans est séropositive. La majorité des nouvelles
contaminations intervient chez des jeunes âgés de 15 à 24 ans, en particulier
des filles.
En Afrique du Sud, au Botswana et au Zimbabwe, selon les estimations, plus de 60 % des garçons âgés de 15 ans aujourd'hui peuvent s'attendre à devenir séropositifs. Dans certaines régions d'Afrique australe, plus de 30 % des femmes enceintes sont séropositives. Neuf enfants sur 10 porteurs du VIH ou malades du SIDA sont africains.
· Asie
Selon les estimations, en Asie, 7,2 millions de personnes seraient séropositives. L'épidémie qui était concentrée dans le groupe des toxicomanes qui s'injectent de la drogue et des travailleurs/ses de l'industrie du sexe s'est étendue à l'ensemble de la population au Cambodge, au Myanmar et en Thaïlande, créant ainsi une épidémie généralisée. En Indonésie, au Népal et au Viet Nam, les taux d'infection explosent dans les groupes à haut risque, dont la majorité sont composés de jeunes de moins de 25 ans. En Chine, qui abrite un cinquième de la population mondiale, des épidémies concentrées se sont déclarées dans plusieurs provinces et le VIH progresse si rapidement que beaucoup craignent que le pays ne soit au bord de l'épidémie généralisée. L'Inde abrite la deuxième population séropositive de la planète.
· Europe centrale et orientale et Asie centrale
C'est en Europe centrale et orientale, ainsi qu'en Asie centrale que l'épidémie affiche le taux de croissance le plus rapide. Près d'un million de personnes âgées de 15 à 49 ans étaient porteuses du VIH/SIDA en 2001 et 250 000 personnes viennent grossir leurs rangs chaque année. L'épidémie est concentrée chez les toxicomanes qui s'injectent de la drogue, mais elle se propage à une population plus large d'individus qui s'injectent occasionnellement de la drogue et à leurs partenaires sexuels, des jeunes pour la plupart. La Fédération de Russie a recensé 3 008 nouveaux cas d'infection par le VIH chez des jeunes âgés de 10 à 19 ans en 1999. En 2000, ce nombre avait triplé pour atteindre 9 612 nouveaux cas.
· Caraïbes et Amérique latine
Près de 1,9 million d'adultes et d'enfants sont aujourd'hui porteurs du VIH et du SIDA, et l'épidémie risque de se propager rapidement. Les Caraïbes, qui affichent un taux de prévalence de 2,3 % chez les personnes âgées de 15 à 49 ans, sont la région la plus touchée après l'Afrique subsaharienne. Les rapports sexuels non protégés entre des hommes semblent être répandus dans toute la région; une grande proportion de ces hommes ont également des rapports sexuels avec des femmes. Ce sont les Bahamas, le Guyana et Haïti qui affichent les taux de prévalence les plus élevés. La majorité des nouveaux cas de contamination interviennent chez des jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans.
· Moyen-Orient et Afrique du Nord
Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, plus d'un demi-million de personnes vivent avec le VIH/SIDA. Les données disponibles révèlent un accroissement des taux de prévalence du VIH, avec environ 83 000 nouvelles contaminations en 2002. Une progression importante de la maladie a été enregistrée chez les toxicomanes qui s'injectent de la drogue dans près de la moitié des pays de la région, surtout en Afrique du Nord et en République islamique d'Iran.
· Pays à revenu élevé
Près de 76 000 personnes sont devenues séropositives dans les pays à revenu élevé en 2002, et 23 000 personnes sont mortes du SIDA. Environ 1,6 million de personnes survivent aujourd'hui avec le virus, en grande partie grâce aux médicaments antirétroviraux qui retardent de manière remarquable l'apparition des symptômes du SIDA. Malheureusement, les progrès enregistrés dans le traitement de la maladie entraînent une sous-estimation du risque et de la gravité du VIH/SIDA. Le taux d'infection est à nouveau en hausse apparemment parce que les gens ont tendance à considérer le VIH/SIDA comme une maladie curable et ne prennent donc pas toutes les précautions nécessaires pour éviter de le contracter.