Que faire en cas d’accidents du travail lorsque l’on est atteint du sida ?
Si un collègue de travail se blesse lors d’un accident, il ne faudrait pas que des fausses croyances vous empêchent d’agir. Il n’y a pas de risque particulier à porter secours dès lors que les règles d’hygiène universelles sont respectées.
Ces règles d’hygiène universelles sont :
• valables contre tous les virus et microbes transmissibles,
• nécessaires et suffisantes.
LES PREMIERS SECOURS
L’administration adéquate des premiers secours suppose :
• la formation des responsables de ces premiers secours,
• la disponibilité du matériel requis,
• une procédure de l’organisation des premiers secours sur les lieux d’exposition.
Tout contact avec le sang devant être évité, il est recommandé de porter des gants à usage unique si on doit, par exemple, aider à appliquer un pansement. Rappelons que la
peau intacte constitue une barrière efficace.
En cas d’exposition à un liquide biologique(1), il faut laver immédiatement et
abondamment les zones cutanées exposées avec :
• de l’eau et du savon pendant au moins cinq minutes,
• certains antiseptiques, tels que, du soluté de Dakin, de l’eau de Javel (hypochlorite de soude) à 12° chlorométrique diluée à 1/10, de l’alcool à 70°. Ils doivent être utilisés immédiatement après le lavage de la plaie cutanée, en assurant un temps de contact d’au moins cinq minutes. Les antiseptiques sont généralement irritants pour les muqueuses, leur emploi se limite aux
surfaces cutanées et aux plaies non profondes.
En cas de projection sur les muqueuses, en particulier au niveau de la conjonctive :
• rincer abondamment, de préférence au sérum physiologique ou à l’eau, pendant
au moins cinq minutes.
• éviter l’utilisation d’un antiseptique qui pourrait causer des microtraumatismes
et des lésions de muqueuses et ainsi favoriser le passage du VIH.
LES CIRCONSTANCES DE L’EXPOSITION, des détails importants
Ces renseignements seront utiles au médecin pour évaluer la gravité de l’exposition. Ils peuvent être également transmis aux institutions représentatives du personnel pour identifier les situations à risque et y apporter des changements.
De façon générale, on peut noter :
• où l’exposition s’est produite,
• quand l’exposition a eu lieu (date et heure),
• quelle tâche précise était exécutée au moment de l’exposition,
• la nature exacte de l’exposition qui est survenue : piqûre, coupure, éraflure,
égratignure, éclaboussure, morsure, etc.
• le nom des témoins de l’accident.
Des informations supplémentaires sont à recueillir :
Pour une piqûre :
• le type d’aiguille (creuse ou non, diamètre,…),
• la profondeur et l’endroit de la piqûre,
• la présence de liquide sur l’aiguille, dans l’aiguille ou dans la seringue,
• la présence ou non d’injection de liquide,
• le délai entre l’utilisation de la seringue et l’accident (si possible),
• le type de liquide biologique impliqué dans l’exposition.
Pour une coupure :
• la taille de la coupure,
• la quantité de liquide provenant de la source impliquée dans l’exposition,
• le type de liquide biologique impliqué dans l’exposition.
Pour une exposition par morsure :
• la présence de sang provenant de la bouche de la personne qui a
agressé,
• la présence de plaies ou de lacération chez la victime.
Pour une exposition par contact sur une muqueuse ou sur une peau non saine :
• le type de liquide biologique impliqué dans l’exposition,
• la quantité de liquide impliqué,
• la durée du contact.
Il faut déclarer l’accident du travail dans les 24 heures qui suivent l’exposition.
Les démarches pratiques variant d’un établissement à l’autre et suivant
les professions, la victime de l’accident du travail doit s’informer auprès du
médecin du travail ou du service des ressources
humaines des protocoles existant.
De toute façon, il est indispensable de consulter un médecin
le plus rapidement possible.
Le dépistage du sida : Rappel sur les MODES DE TRANSMISSION DU VIH
Le virus du sida se transmet :
• par relations sexuelles,
• par voie sanguine,
• pendant la grossesse, et durant l’allaitement, d’une mère infectée à son enfant.
Le “test de dépistage du sida” se fait par une prise de sang. Il permet de savoir si l’on est ou non atteint par le VIH (virus du sida).
Si vous pensez avoir pris un risque d’infection, n’hésitez pas à faire le test
• parce que la mise en œuvre d’un traitement précoce permet aujourd’hui de mieux contrôler l’évolution de l’infection par le virus,
• parce que les médicaments sont d’autant plus efficaces qu’ils sont pris tôt après la pénétration du virus dans le corps.
Il est important de savoir son statut, pour conforter ses pratiques de prévention :
usage de préservatif et/ou de matériel d’injection propre et stérile.
Dans les heures qui suivent un risque (entre 4 heures et 48 heures), il est aujourd’hui possible d’éviter une infection si on prend un traitement d’urgence.
QUAND FAIRE LE TEST ?
Une dizaine de jours après un risque
Aujourd’hui, il est possible de dépister une infection par le VIH une dizaine
de jours après un risque, il n’est plus nécessaire d’attendre 3 mois.
Des examens de sang peuvent montrer la présence du virus dans le corps. Dans cette situation, des traitements ont pour but d’enrayer l’infection. Ils sont donnés pour longtemps. Ils sont d’autant plus efficaces qu’ils sont donnés tôt.
Attention, dans cette période,
• si le résultat est positif, l’infection par le VIH est certaine,
• si le résultat est négatif, il faudra refaire d’autres examens sanguins plus tard
pour être sûr de ne pas avoir été infecté.
En attendant, et pendant toute cette période, n’oubliez pas que les préservatifs
et/ou les seringues propres sont essentiels pour protéger vos partenaires.
Si le risque remonte à plus longtemps
Aujourd’hui, les nouveaux traitements sont efficaces et ont changé la vie des personnes atteintes par le VIH. Il faut faire un examen de sang qui pourra dire si oui ou non le virus du sida s’est installé dans le corps.
Si le virus est présent, on dit que la personne est séropositive. Elle pourra alors bénéficier d’un suivi médical, et si elle le souhaite, des associations pourront l’aider à faire face à ses difficultés. L’usage des préservatifs et/ou des seringues propres est indispensable.
Si la personne n’est pas atteinte par le virus du sida, on dit qu’elle est séronégative.
Pour le rester, elle devra maintenir ou adopter des mesures de prévention : usage des préservatifs ; et/ou des seringues propres…
OU FAIRE UN TEST ?
• aux urgences
• dans un centre de dépistage anonyme et gratuit. Il en existe au moins un par département. Appelez Sida Info Service ou le comité AIDES de votre région pour obtenir l’adresse et les horaires d’ouverture.
• dans un laboratoire d’analyses médicales, sur ordonnance du médecin. Le test
est pris en charge à 100 % par la Sécurité Sociale.
Le test de dépistage du sida ne peut être pratiqué sans votre consentement,
c’est à dire qu’il faut :
- soit en faire la demande au médecin,
- soit l’accepter après une proposition claire du médecin.
- soit se rendre au centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) le plus proche.
Si tel n’était pas le cas, n’hésitez pas à demander conseil auprès du comité AIDES le plus proche.
de l’infection par le VIH (virus du sida).
• dans les heures qui suivent un risque de contamination : le traitement d’urgence essaie d’éviter la contamination,
• dans les jours qui suivent la contamination : le traitement de la primo-infection permet de contrôler rapidement le virus et bloquer si possible l’évolution de l’infection sur le long terme.
Le but du traitement d’urgence est d’agir dans les heures qui suivent l’entrée du virus dans l’organisme pour que les médicaments empêchent le virus de s’installer dans le corps.
Le traitement d’urgence n’est pas efficace à 100 % mais permet d’éviter un grand nombre de contaminations.
Quand ?
Dans les heures qui suivent l’entrée possible du VIH dans l’organisme. Si vous êtes confronté à un risque de contamination : agissez sans attendre !
Où ?
Téléphonez à l’hôpital le plus proche. Si vous ne pouvez pas téléphoner, allez directement au service des urgences. Le médecin évaluera votre situation par rapport au risque pris et prescrira le traitement d’urgence en cas de besoin. Vous pouvez également vous adresser à un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) ou appeler Sida Info Service (N° vert 0800 840 800) qui vous aidera à évaluer votre risque, vous indiquera les lieux où ce traitement peut
être prescrit.
Le traitement d’urgence est une association de deux ou trois médicaments anti- VIH. Après avoir débuté le traitement, il faut se faire suivre soit dans un hôpital, soit par un médecin spécialiste du VIH en ville. Les médicaments peuvent entraîner certains désagréments. Si c’est le cas, signalez-les à votre médecin.
Le traitement doit être pris pendant quatre semaines.
Et après ?
Plusieurs tests de dépistage seront réalisés après l’arrêt du traitement. Seul un test d’anticorps (Elisa) réalisé 3 mois après l’arrêt du traitement permet d’affirmer l’absence de l’infection (si le résultat est négatif).
Le but du traitement d’une primo-infection est d’agir quelques jours à
quelques semaines après la contamination pour tenter de ralentir ou de
bloquer l’évolution de l’infection.
Quand ?
Dans les jours ou semaines qui suivent une contamination, dès que l’infection est dépistée à l’aide de test tels que l’antigénémie p24 ou la charge virale (mesure de la présence de VIH dans le sang) ou des tests anticorps.
Où ?
Le dépistage peut être prescrit par tous les médecins, (le test est remboursé à 100 % par la Sécurité Sociale), ou être effectué dans un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG). Vous pouvez vous renseigner auprès de Sida Info Service, N° vert 0800 840 800.
Quoi ?
Généralement, le traitement d’une primo-infection est une association de trois (parfois plus) médicaments anti-VIH. Vous pouvez vous concerter avec le médecin sur le choix des médicaments qui s’intégreront le plus facilement possible dans votre vie quotidienne.
Pendant combien de temps ?
Aujourd’hui, le traitement de primo-infection est un traitement à vie : si on l’interrompt après plusieurs mois, le virus peut redevenir actif et l’infection va reprendre. On ne sait pas encore si le traitement commencé au cours d’une primo-infection peut être allégé ou arrêté après plusieurs années.
Le suivi médical et les examens de sang permettent de renouveler ou d’adapter le traitement au cours du temps. Il est parfois difficile de supporter les contraintes et désagréments de ce traitement quand on se sent en bonne santé. Si vous avez des difficultés à prendre vos médicaments, parlez-en à votre médecin pour trouver des aménagements ou remplacer certains médicaments. Si vous avez besoin de soutien, vous pouvez également faire appel à des associations, ou à un psychologue.
Si la primo-infection est passée, quand faut-il commencer un traitement ?
S’il n’y a pas eu de traitement au moment de la primo-infection, le suivi médical et les examens de sang permettent de savoir quand il devient utile d’en commencer un pour aider l’organisme à lutter contre le VIH.