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Rapport d’activité - Evaluation - Projet

Action de prévention en direction des jeunes

par l’abord de l’alcoolisation.

Conseil Intercommunal de Prévention de la Délinquance

Communauté Urbaine de Cherbourg

- novembre 1998 -


SOMMAIRE (retour)

1. RAPPORT D’ACTIVITES DE 1996 à 1998
1.1. Le contexte
1.2. Les constats sur l’agglomération
1.3. Origine du projet
1.4. Les groupes impliqués

1.4.1. Constitution des groupes
1.4.2. Structures impliquées sur le terrain

1.5. Les objectifs du projet
1.6. Déroulement du projet
1.7. Suivi du projet

1.7.1. Action 1996-1997 : la collégialité
1.7.2. Action 1997-1998 : le comité de pilotage

1.8. Le budget

2. EVALUATION GLOBALE DE 1996 à 1998
2.1. Méthodes et orientations de l’évaluation
2.2. Evaluation des moyens mis en place pour garantir le respect de la méthode

2.2.1. La formation en alcoologie
2.2.2. La formation aux techniques théâtrales "le théâtre de l'opprimé"
2.2.3. Formation en alcoologie et " théâtre de l’opprimé "
2.2.4. La formation à l'approche l'Enfant pour l'Enfant

2.3. La demande de participation et la reconnaissance de l’action

2.3.1. Demandes et capacité de mobilisation
2.3.2. Le Comité Départemental de Prévention de l’Alcoolisme
2.3.3. La D.R.A.S.S. : le Programme Régional de Santé

2.4. L’action des jeunes

2.4.1. L’expression, les messages : le FORUM, " paroles de jeunes "
2.4.1.1. L’expression
2.4.1.2. Le forum
2.4.2. L’action : le SALON, " les projets "
2.4.2.1. La continuité des actions antérieures
2.4.2.2. Le contenu
2.4.2.3. Evaluation de ce qu’il y aurait à améliorer
2.4.2.4. Propositions pour le prochain Salon
2.4.3. La continuité
2.4.3.1. La continuité en terme de durée d’action
2.4.3.2. La continuité en terme de réalisation de projets
2.4.3.3. La continuité en terme d’élargissement de la prévention

3. FICHE ACTION DU PROJET
3.1. Projet 1998 - 1999

3.1.1. Justification de l'action
3.1.2. Exposé des motifs
3.1.3. Argumentaire

3.2. Cadre de référence

3.2.1. Objectif général
3.2.2. Méthode
3.2.3. Pédagogie
3.2.4. Axe stratégique
3.2.5. Objectif opérationnel

3.3. Bénéficiaires de l'action
3.4. Modalités de l'action

3.4.1. Niveau géographique d'intervention
3.4.2. Type d'action
3.4.3. Moyens d'action
3.4.4. Calendrier

3.5. Suivi et évaluation de l’action

3.5.1. Moyens de suivi
3.5.2. Méthodes d’évaluation
3.5.3. Evaluateurs
3.5.4. Indicateurs d’évaluation

3.6. Ressources à mobiliser

3.6.1. Acteurs impliqués
3.6.2. Budget

3.7. Outils de communication et de valorisation


1 - Rapport d’activités de 1996 à 1998

1.1 Le contexte

La Communauté Urbaine de Cherbourg (C.U.C.) regroupe six communes : Cherbourg, Equeurdreville-Hainneville, Querqueville, Tourlaville, Octeville et La Glacerie, soit une population de plus de 95 000 habitants, ce qui en fait la deuxième agglomération de Basse-Normandie, après Caen. L’agglomération se distingue par son taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes, et une grande pauvreté fiscale (le site intercommunal des Provinces a reçu la labellisation de Zone Franche Urbaine).Le Conseil Intercommunal de Prévention de la Délinquance (C.I.P.D.) souhaite voir se développer des actions autour de problèmes de santé, en particulier du risque alcool, identifié comme une conséquence fréquente et/ou un facteur causal de violence et d’exclusion.

1.2 Les constats (retour) sur l’agglomération

L’étude du C.H.A.A. effectuée en 1995 livre 5 pages de constats !
  • Au tribunal, 50% des affaires traitées en correctionnelle sont liées à l’alcool.
  • Au commissariat de Police, en 1995, 365 états d’ivresse manifeste sur la voie publique ; 25 à 30% des interventions sont liées à des alcoolisations
  • A l’hôpital, des admissions au service des urgences le week-end de groupes de 4-5 jeunes avec des éthylémies importantes.
  • Dans les services sociaux, 1/3 de bénéficiaires du R.M.I. a des problèmes d’alcool.
  • Dans les familles, une famille qui vit dans un cellier et dont le fils boit du rouge à 7 heure du matin.
  • Dans les cours d’écoles et sous le préaux, le lundi matin, des bouteilles vides retrouvées (bière, whiskies, vodka)

A NOTER à titre d’exemple et pour bien situer la problématique, si en 1995 50 % des affaires traitées en correctionnelle sont liées à l’alcool, le pourcentage est le même dans les années de fin de siècle dernier à Cherbourg aux heures noires de l’exode rural ! Il ne faut pas dramatiser car les indicateurs des tribunaux de nos jours sont sans nul doute plus fins que ceux que nous avons pu mettre en place pour l’époque mais le phénomène est néanmoins bien troublant.

1.3 Origine du projet

Depuis quelques années, l’alcool était fréquemment problèmatisé (retour) lors des réunions, au sein du C.I.P.D., par les acteurs de terrain travaillant avec un public jeune. Une demande de prévention s’est faite jour selon le principe d’une pédagogie active en tant que moteur. Il s’est avéré que, considérant la spécificité de la problématique, une formation tant en termes de technique que de connaissances était indispensable.

Ayant expérimenté antérieurement une méthode (" l’Enfant pour l’Enfant ") dans la Bande de Gaza, Annouk Rousselin a contacté les bureaux de la méthode (à Paris et " Child to Child " à Londres) afin de rassembler une documentation lui permettant de soutenir le projet des animateurs de la C.U.C.

Ultérieurement, de 1996 à 1997, après une rencontre avec l’Institut de la Ville, le C.I.P.D. a contractualisé l’évaluation du projet, le Docteur Dumurgier étant délégué à cette fin par l’Institut. Didier Belviso l’a suppléé et a pris le relais à partir de cette date.

1.4 Les groupes impliqués

1.4.1 Constitution des groupes (retour)

Le choix des jeunes concernés par ce projet s'est fait par :

- Présélection du groupe en fonction d'une demande technique d’expression existante ou d'une motivation de jeunes désirant mener ce projet.
- Un appel "à la cantonade".
- Voie d'affichage.

1996 - 1997 :

Douze groupes de jeunes sont impliqués dans le projet, soit un noyau d’environ 100 jeunes de 11 à 17 ans.
Les groupes sont constitués pour la moitié d’une majorité de filles, pour l’autre moitié équilibrés ou constitués d’une majorité de garçons.
Nous pouvons estimer que les 2/3 ont entre 11 et 14 ans, 1/3 entre 15 et 17 ans.
La plupart des groupes sont constitués de 5 à 8 jeunes ; 3 groupes sont constitués d’une douzaine de jeunes.

1997 - 1998 :

Peu de changement sur la constitution des groupes : pour la moitié une majorité de filles, pour l’autre moitié soit équilibrés soit constitués d’une majorité de garçons.
Les 11 - 14 ans restent majoritaires (les études montrent que c’est la tranche d’âge la plus réceptive aux actions de prévention).
Un certain nombre de groupes continuent l’action commencée en 1996-1997.
A ceux-ci viennent s’ajouter une soixantaine de jeunes répartis en 8 groupes.

1.4.2 Structures impliquées sur le terrain.

Le choix des structures concernées par cette action s'est fait par adhésion au projet, les locaux ou quartiers étant les lieux professionnels des personnels (M.J.C., collège, mairie ...).

1996 - 1997 :

- Centre Social de l’Amont Quentin
- CERFOS (Théâtre de l’Opprimé)
- Maison Pour Tous Léo Lagrange (Octeville)
- Point d’Accueil et d’Information des Fourches (Octeville)
- Centre Social des Rouges Terres (La Glacerie)
- M.J.C. Chantereyne (Cherbourg)
- Animateur Jeunes (Querqueville)
- Animateur de quartier (Tourlaville)
- Comité d’Environnement Social du Collège Diderot (Tourlaville)
- Club Léo Lagrange (Tourlaville)
- Bureau Information Jeunesse de l’Agglomération Cherbourgeoise
- ASCAQ

1997 - 1998 :

Outre la continuité pour une seconde année de 5 groupes investis dans le projet (afin de préparer une diffusion), 8 nouveaux groupes se sont constitués :

- Maison Pour Tous Léo Lagrange (3)
- Collége Diderot
- M.J.C. La Brêche
- M.J.C. La Grange
- Centre Social de la Glacerie
- Club Léo Lagrange

A NOTER que deux groupes n’ont pas réussi à se constituer (F.O.L. avec le collège et le lycée d’Equeurdreville ; un autre avec un parent d’élève du collège Zola de la Glacerie).

1.5 Les objectifs du projet

- Donner des outils communs de réflexion et d’appréciation aux professionnels de terrain de la Communauté Urbaine
- Impliquer les jeunes (retour) dans le processus de participation communautaire dans le domaine de la prévention.
- Donner aux jeunes la possibilité de prendre des décisions quant aux activités pour la prévention, la citoyenneté, la réflexion et les actions sur le sujet de l’alcool.
- Donner aux jeunes les éléments pour prendre leurs décisions par rapport à leurs comportements concernant l’alcool.
- Favoriser et profiter de l’interaction entre jeunes lors d’activités d’expression sur le sujet.
- Passer un message concernant le sujet " alcool " au travers des jeunes pour la famille et la communauté.
- Favoriser le rôle actif du jeune pour soutenir une action de leur choix concernant l’alcool.

1.6 Déroulement (retour) du projet

Le projet se déroule en trois phases :

Phase préparatoire : Formation des agents de terrain Novembre et Décembre 1996.

Cette formation est double :

Formation en alcoologie pour tous les animateurs impliqués dans le projet.
Formation en " Théâtre de l’Opprimé " pour un travail des représentations et des réflexions liées à l’expérience.

Phase du travail d’expression et d’échange.

Par le biais d’une expression artistique (chant, théâtre, dessin ...), des jeunes de 11 à 17 ans, en petits groupes, s’expriment sur l’alcool et décident d’un message à faire passer à d’autres jeunes, à leurs familles, à leurs voisins. Ce travail de groupe est encadré par l’animateur, aidé d’un technicien en expression artistique. Il s’achèvera lors d’un forum (retour) " (" alcool, paroles de jeunes "). Il a un triple objectif :

Instaurer le dialogue avec les jeunes et surtout entre les jeunes.
Travailler les messages tant dans leur forme que dans leur contenu.
Partager ces messages avec les plus jeunes et les familles.

Phase concernant l’action.

Cette phase permet aux jeunes de faire des propositions d’actions, pour changer certaines réalités. Ces actions proposées par les jeunes seront soutenues dans la mesure du possible.

Cette phase se termine par un " salon des projets des jeunes en prévention alcool ", où les jeunes présentent leurs actions ou leurs projets d’actions aux élus et aux habitants sous forme de stands et lors d’une conférence à laquelle des intervenants extérieurs pourraient participer.

FORUM " paroles de jeunes "

premier Forum : mars 1997

second Forum : avril 1998

SALON des jeunes

premier salon : oct. 1997

second salon : juin 1998

1.7 Suivi du projet (retour)

Action 1996-1997 : la collégialité.

Il n’y a pas comme tel de coordinateur ou de comité de coordination du projet. Toutefois, une réunion est prévue une fois par semaine, le jeudi après midi, à la C.U.C. Il s’agit d’un temps et d’un lieu, avec le spécialiste en alcoologie, à la disposition des animateurs qui le souhaitent afin de discuter de l’avancement du projet et d’assurer un soutien en alcoologie.

L’évaluation du projet est faite par tous, animateurs et jeunes, avec l’aide méthodologique de l’Institut de la Ville.

Action 1997-1998 : le comité de pilotage.

Consécutivement à l’évaluation 1996-1997, le Comité de pilotage déjà en place pour le suivi du projet devient est officialisé. Le Conseil Intercommunal de Prévention de la Délinquance, dans sa séance du 22 septembre 1997 se prononce sur son élargissement et la désignation d’un élu pour en faire parti. Finalement cette équipe est composée de :

Annouck Rousselin, animatrice à la Maison Pour Tous d’Octeville (qui avait pratiqué la méthode " l’enfant pour l’enfant " sur d’autres sites).
Paule Viste, animatrice du Bureau d’Information Jeunesse de l’Agglomération de Cherbourg.
Didier Belviso, intervenant en alcoologie et chargé du suivi.
Bernadette Fournier, secrétaire du C.I.P.D., qui assure le lien administratif.
Daniel Rémy, qui assure le lien avec le Contrat de Ville.
Jean Luc Quenault, représentant des membres du C.I.P.D.

1.8 Le budget

Nous rappelons ici le budget par année.
En réalité l’action recouvre toujours deux années car sur le terrain les maisons de jeunes ou les collèges fonctionnent en année scolaire.

1996

CHARGES

PRODUITS

Intervenant en alcoologie 7 200

CIPD 25 000

CERFOS 34 440

DDJS 17 000

Déplacements 2360

Structures 2000

TOTAL 44 000

TOTAL 44 000

1997

CHARGES

PRODUITS

matériels 15 500

CIPD 131 000

Assurance 3 000

DDJS 20 000

Promotion / communication 8 000

 

Transports 2 700

 

Actions (2 500 X 12) 30 000

 

Sacem 2 000

 

Intervenants :
projet expression 77 800

 

TOTAL 151 000

TOTAL 151 000

1998

CHARGES

PRODUITS

Intervenants expression 50 000

CIPD 104 000

Forum 20 000

Contrat de Ville 20 000

Salon 20 000

DDJS 20 000

Formation 50 000

 

Frais de gestion 4 000

 

TOTAL 144 000

TOTAL 144 000

1999

CHARGES

PRODUITS

Intervenants expression 50 000

CIPD 104 000

Forum 20 000

Contrat de Ville 20 000

Salon 20 000

DDJS 20 000

Formation 50 000

 

Frais de gestion 4 000

 

TOTAL 144 000

TOTAL 144 000


2 - Evaluation globale de 1996 à 1998

2.1 - Méthodes et orientations de l’évaluation

La problématique envisagée est très peu quantifiable. Le but de l’action n’est pas en tant que tel de faire baisser l’alcoolisation ou de faire chuter un taux de délinquance ; ce peut être par contre un effet secondaire, voire un moyen. Ce qui importe c’est le bonheur, le bien-être des jeunes. Si ceci ne peut être quantifiable ce peut être par contre qualifiable.

Le bonheur n’est pas un bonheur béat : c’est le fait d’être bien dans sa peau, d’être capable de faire face aux aléas de la vie, de se prendre en charge.

La prévention de l’alcoolisation ne vise pas le produit alcool par lui même en tant que fauteur de troubles : ce n’est pas le produit qui est en cause mais l’utilisation du produit en tant que réponse à des questions sociales, existentielles... Faire face aux aléas de l’existence par l’alcoolisation est une fausse route qui de surcroît nuit au développement psychologique permettant la prise en charge de " soi " par " soi ".

C’est à ce titre que notre option qui est de considérer l’alcoolisation comme " porte d’entrée dans la problématique jeune " est une option globalement préventive. Si l’information et une partie de la formation des intervenants se doit d’être spécifique à " l’alcool " (il ne faut pas minimiser les effets de l’alcoolisation), il n’en reste pas moins que nous considérons qu’au delà il n’y a pas plusieurs types de prévention (alcool, violence, sida...). La prévention ne peut viser que la prise en charge de " soi " par " soi ", seuls les moyens techniques pouvant diverger.

- L’information (retour) prévient en conscientisant sur les dangers de l’objet : alcool, violence, sida... (mais la conscience des dangers ne fait pas tout : pensons aux fumeurs !).
- L’action prévient en favorisant la prise en charge de " soi " par " soi ".

L’expression (retour) de " soi " est le moyen préventif de l’action et un signe de la prise en charge. Ce sera notre objet principal d’évaluation. Ses corollaires seront :

- Evaluation des moyens mis en place pour garantir le respect de la méthode.
- La demande de participation et la reconnaissance de l’action.
- L’effective expression des jeunes.

Pour ce faire, plusieurs méthodes ont été utilisées :

- Suivi évaluatif.
- Questionnaire auprès des intervenants.
- Réunions évaluatives.

Ceci a produit, non des données quantitatives (comme il l’est expliqué précédemment), mais des réflexions évaluatives débouchant éventuellement sur des réorientations.

2.2 - Evaluation des moyens mis en place pour garantir
       
le respect de la méthode

2.2.1 - La formation (retour) en alcoologie

Elle a été faite par Didier Belviso qui travaille au Centre de post Cure Beauregard pour malades alcooliques (la Glacerie).
Elle s'est faite les deux premières années en groupes de 6/7 personnes pendant 4 séances de 3 heures pour chacun d'eux.

Contenu de la formation :

- Des informations scientifiques sur l'alcool, son métabolisme, les conséquences de l'éthylisme aigu, la génétique, la dépendance...
- D
es discussions sur des problèmes de société liés à l'alcool (l'alcool et les jeunes, la violence, les rites, les premix...)
- L
'approche des jeunes ou des adultes alcooliques ou enfants/parents d'alcooliques, les thérapies utilisables, les "intervenants alcool" dans la Communauté Urbaine...

En 1996-97, les animateurs ont trouvé que la formation en alcoologie - à laquelle ils ont tous participé - était utile, voire indispensable. Elle leur a permis d'acquérir des "outils communs de réflexion et d'appréciation".

En 1997-98, il en est allé de même : cette formation est apparue comme étant nécessaire, quelques personnes n’ayant pas pu suivre toutes les séances le regrettant a posteriori elles même.

Cette formation commune dans un premier temps, complétée par la technique d’expression du " théâtre de l’opprimé ", puis le soutien et le suivi en alcoologie lors des mois ultérieurs ont surtout permis la cohésion d’un groupe de personnes non accoutumées à travailler ensemble. Ce travail en commun, en équipe, au niveau intercommunal, a été très apprécié par les animateurs qui se plaignent souvent d’être isolés. Ainsi, concernant la possibilité d’un suivi et d’un soutien en alcoologie : "... elle permet de ne pas s’enliser dans l’action et de réajuster en cas de dérive ... important aussi de savoir ce qui se passe sur les autres groupes ... les échanges sont importants ...".

En ce qui concerne le suivi de cette formation et le soutien en alcoologie, les réponses au questionnaire montrent que les animateurs souhaitent dans leur grande majorité (90%) ce suivi, mais qu'il existe un facteur limitant : le temps (la préoccupation principale est celle de la disponibilité pour des animateurs qui mènent de front plusieurs actions). Le suivi du groupe par l’intervenant en alcoologie est prévu dans le projet et celui-ci est à leur disposition tous les jeudis après-midi, jours de la réunion hebdomadaire des animateurs. l’adhésion au projet est conditionnée par la participation aux formations et au suivi régulier des réunions.

- La formation en alcoologie et son suivi paraissent conditionner l’action : la question du temps, bien que méthodologiquement nous puissions opérer des aménagements, semble être principalement du ressort des structures participantes.

- Toutefois la demande est devenue de plus en plus pressante pour que l’intervenant en alcoologie puisse intervenir directement auprès des jeunes ou sur leur projet en cas de difficultés. Ceci s’est fait sur le projet des jeunes avec le groupe de tourlaville pour valider les questions du jeu, avec un groupe de Cherbourg pour valider un écrit, avec un groupe d’Octeville pour aider à un chapitre de la " nouvelle " ; il a rencontré également un groupe de jeunes et de parents à La Glacerie. Il serait peut être souhaitable que l’intervenant en alcoologie puisse se ménager plus de temps pour satisfaire à ces demandes.

2.2.2 - La formation aux techniques théâtrales "le théâtre de l'opprimé"

Elle est assurée par Serge Saccon et Jean Pierre Pichon, du CERFOS à Picauville. A leur grand regret, cette formation n’a pas été suivie par tous les animateurs. Ceux qui ne l’ont pas suivie en ont été empêchés pour des raisons d’horaires et d’emploi du temps et non par le manque d’intérêt de la méthode dont la spécificité était reconnue dés février 97.
Cette formation a été très appréciée d’une part pour la pratique du formidable outil d’animation et d’expression que représente ce type de théâtre, d’autre part pour la cohésion du groupe qu’elle a provoquée.
Cette formation à l’expression est essentielle dans la méthode comme elle l’est en alcoologie, y compris en thérapie. Selon l’adage " mieux vaut prévenir que guérir ", la force de l’action est qu’elle utilise pour la prévention un concept de base de la thérapie, l’expression.

"D’autre part, le " théâtre de l’opprimé " forme en offrant un cadre de référence, notion psychologique importante, tout en respectant la liberté d’expression des jeunes, ce qui concilie animation et prévention. Il apparaît que c’est cette conciliation dans une pratique commune qui assure la cohésion du groupe dans un vécu et une reconnaissance commune et crée du lien interpersonnel et intercommunal. A partir de ce moment, le cadre de l’action se constitue auprès des jeunes grâce - non plus à un projet mais - à une pratique au niveau des cadres."

- Cette formation au " théâtre de l’opprimé " est indispensable. Toutefois son investissement en terme de temps est problématique. Un aménagement devrait être envisagé.

2.2.3 - Formation en alcoologie et " théâtre de l’opprimé "

En 1997-98, suivant l’expérience de 1996-97, les deux formations se sont rapprochées. Les différents intervenants ont pris en considération plus spécifiquement le projet et le déroulement de l’autre formation lors de rencontres. L’intervenant en alcoologie a eu connaissance, par vidéo interposée, du contenu du stage du " théâtre de l’opprimé ".

Ce rapprochement devra se poursuivre.

2.2.4 - La formation à l'approche l'Enfant pour l'Enfant

les animateurs ont déjà l’approche et la pratique de la pédagogie active, ce qui explique certainement leur adhésion à cette méthode dans les principes de laquelle ils semblent se repérer aisément. D’autre part, le "risque alcool" est un sujet à part, il concerne la santé globale (retour) de l'individu :

" Si la méthode en prévention de l’alcool est innovante, le sujet lui même dans la méthode est innovant. Il ne s’agit donc pas d’appliquer une recette à un sujet, le sujet lui même vient à questionner la méthode."

Chaque année une séance est consacrée à la méthode, le suivi dans l’année reprécisant, complétant et validant la pratique.
Ceci paraît satisfaisant.

2.3 - La demande (retour) de participation et la reconnaissance de l’action

2.3.1 - Demandes et capacité de mobilisation

- La demande en ce qui concerne "la problématique alcool " est importante.
- La reconnaissance de la pertinence de " l’action alcool " du C.I.P.D. est incontestable.
- Le désir d’y participer existe.
- La capacité de mobilisation pour " passer à l’acte " est aléatoire.

La demande concernant la " problématique alcool " bien souvent se fait sous forme de demande d’information auprès des jeunes. Afin de faire le lien et de faire découvrir ce que pourrait être une méthode active dépassant la simple information, l’intervenant en alcoologie assure parfois des interventions dépassant le cadre strict de l’action : école Fraternité d’Octeville, 6 interventions au collège Zola de La Glacerie (avec un parent d’élève), interventions au C.P.S. de Cherbourg...

- Les principales difficultés de mise en place de groupes sont rencontrées dans les collèges. L’intérêt et le désir de participer est pourtant bien souvent réaffirmé. La principale difficulté avancée est le temps.
Notre difficulté principale est ainsi de trouver une " personne relais " à l’intérieur de l’établissement.
Deux personnes qui avaient pourtant suivi les formations (l’une de la F.O.L, Mme Ducombe, et un parent d’élèves, Mme Petit) n’ont pas trouvé de " personnes relais " dans les établissements visés et n’ont donc pas pu constituer de groupes.

Toutefois, ce travail à l'échelon intercommunal est sûrement un des points forts du projet.
Il est apprécié de la part de chaque participant. Il s’appuie sur l’existant.

2.3.2 - Le Comité Départemental de Prévention de l’Alcoolisme

Le délégué départemental du C.D.P.A., L. Gastebois, suit depuis le début (1996-97) de très prés et avec un vif intérêt le déroulement de l’action. Le Comité Départemental de Prévention de l’Alcoolisme est, depuis 1997-98, partie prenante. C’est ainsi tout naturellement que cette reconnaissance a pu s’opérer. Une convention a été signée avec le Docteur Guibert autorisant la délégation de l’intervenant en alcoologie, D. Belviso.

2.3.3 - La D.R.A.S.S. : le Programme Régional de Santé

A deux reprises, en 1996 et 1997, la conférence régionale de santé a souligné la consommation excessive ou dangereuse d’alcool chez les bas normands comme étant un problème de santé publique qu’il fallait aborder prioritairement. Fin 1997, le préfet de la région Basse normandie a décidé que cette priorité établie par la conférence régionale de santé ferait l’objet d’un programme pluriannuel de cinq ans dont il coordonnerait l’élaboration et la mise en œuvre.

L’objectif central du programme régional de santé " alcool "  de la D.R.A.S.S.: lever le déni.

Déclinées en 43 actions, les 3 axes stratégiques sont :

              1 - Promotion de la santé, éducation pour la santé et prévention.
              2 - Actions de soins, de rééducation et de réinsertion.
              3 - Formation des professionnels.

D. Belviso participe à ce programme en représentant l’action du C.I.P.D. Celle ci est reconnue comme essentielle en ce sens qu’elle est reprise comme modèle dans la constitution des fiches d’actions. Le P.R.S. s’est donné 5 ans pour mettre en place des actions du type de celles que nous menons et qui à ce titre sont innovantes.

2.4 - L’action des jeunes

2.4.1 - L’expression, les messages : le FORUM, " paroles de jeunes "

     2.4.1.1 - L’expression

- Chaque animateur consacre en moyenne deux à trois heures par semaine avec son groupe de jeunes, aidé par un spécialiste de la technique utilisée. En 1997, sur les 12 animateurs, 4 ont choisi le théâtre (deux groupes ont fusionné, celui du centre social de La Glacerie et celui d’Octeville). Autres moyens d’expression : la vidéo (1), la musique (2), art et écriture (3), la radio (des difficultés matérielles ont obligé ce groupe à changer d’activité et à écrire une nouvelle), jeu de société (1), arts plastiques (2). En 1998, 3 groupes ont choisi le théâtre, 2 l’écriture, 1 le collage, 1 la sérigraphie, 1 la poterie...

- Les animateurs ont en général présenté l’action aux enfants en mettant l’accent à la fois sur la technique d’expression (retour) et sur le problème " alcool ".

- Les moyens techniques se sont révélés être de bons médiateurs pour favoriser les échanges entre les jeunes (c’est en tout cas l’avis de l’ensemble des animateurs !). A l’intérieur des groupes, les échanges ont été " intensifs, ludiques ", des " expressions du vécu ", parfois " violents dans leur expression " ; ils ont porté essentiellement sur l’utilisation de l’alcool, mais cela débordait parfois sur une " conduite " (à risque) plus globale.

- Les groupes globalement sont restés stables même si cela n’exclut pas une certaine dynamique : " ...certains jeunes ont décroché temporairement puis sont revenus... le groupe s’est élargi à la demande d’autres jeunes... ".

- Au fur et à mesure de l’avancement des activités, on a noté " plus de connaissance sur le problème alcool " , une " motivation et un travail d’équipe croissant ", " une plus grande facilité à s’exprimer sur le sujet ou d’autres sujets liés à la santé où à des difficultés qu’ils rencontrent ".

Interventions extérieures :
Selon leurs besoins, les jeunes sont allés : au C.H.A.A., à l’hôtel de Police, à l’hôpital Pasteur...

Rencontres avec d’autres jeunes :
Prés de la moitié des animateurs ont remarqué que d’autres jeunes se rapprochaient des groupes de par le sujet abordé. Le tiers, à la même époque, avait déjà rencontré d’autres jeunes lors de rencontres organisées. Au delà de cela, en fonction des projets, des rencontres sont prévues dans des écoles...

Communication :
Un certain nombre d’articles sont parus dans la Presse pour présenter l’action. La seconde année, ils ont toutefois été un peu moins nombreux. Un souhait, en 1998, aurait été que les journaux consacrent un article par structure ; ceci ne s’est pas entièrement réalisé.

Difficultés rencontrées :
Le soucis de tous est le temps, la disponibilité. Ce travail demande effectivement un gros effort de disponibilité, tant de la part des animateurs que des jeunes, mais aussi des structures : les activités des maisons de jeunes ne peuvent s’arrêter, les conseils de classe ne peuvent être reculés !

Autre souci signalé : avoir la possibilité d’expliquer cette action aux parents.

     2.4.1.2 - Le forum

Communication : Le Forum a été annoncé dans la presse.

Des affiches ont également été réalisées et diffusées par des jeunes.
Des cartons d’invitation ont été imprimés et envoyés.

Partenariat : étaient présentes au premier forum les structures suivantes :

Association Nationale de Prévention de l’Alcoolisme, à travers son Comité départemental (L. Gastebois, Coutances) : diffusion de documents divers : un document pour les éducateurs et les animateurs : " les jeunes et l’alcool " ; un document à l’usage des travailleurs sociaux : " problèmes d’alcool " ; des documents grand public : " l’alcool et ses dangers " et " R’albool ", un document donnant de façon précise des noms et des adresses utiles, le C.H.A.A., l’écoute alcool, les centres de traitement, les hôpitaux, le centre de post-cure, les mouvements d’anciens buveurs.

Le Centre d’Hygiène Alimentaire et d’Alcoologie : à travers son animatrice qui présentait à un stand la dernière enquête " alcool " sur l’agglomération. Nous avons pu voir aussi, à travers la foule, son médecin, le Docteur Samuelson, à l’écoute des jeunes.

La Croix d’Or Française : avec, entres autres, son président, Monsieur Maire, qui ont présenté des panneaux sur le sujet.

Le Centre de Post-cure BEAUREGARD (La Glacerie) : qui a aidé à installer un bar sans alcool et diffusait un petit recueil de recettes de cocktail sans alcool (arrangé et réédité pour l’occasion, produit dans le cadre d’un atelier de " conduite alimentaire " pour malades alcooliques).

Amitié PTT : qui a tenu un stand d’information avec plusieurs bénévoles, dont Mademoiselle Liébard, assistante sociale chef de la poste aujourd’hui à la retraite.

Le groupe de l’arsenal : dont un délégué a présenté un appareil permettant de visualiser la courbe d’alcoolisation.

Lors du second Forum, les structures étaient globalement toujours représentées, moins sous forme de stands cette fois que sous forme participative, ce qui était plus dans l’esprit de la manifestation.

Réalisations des jeunes :

En 1997, étaient présentés :

- Chanson " Menthe à l’eau " par le groupe de Tourlaville ;
- Rock " Débouche moi " par le groupe de Querqueville
- Théâtre par le groupe d’Octeville/La Glacerie " Dans le jardin public " ;
- Théâtre par le groupe de Tourlaville " La fête chez Cédric " ;
- Vidéo par le groupe du Club Léo Lagrange Tourlaville ;
- Jeu de société par le groupe " Mairie de Tourlaville " ;
- Nouvelle " Il était une fois " par le groupe de la M.J.C. Chantereyne de Cherbourg ;
- Carnets de dessin et d’écriture par un groupe de la Maison pour Tous d’Octeville ;
- Journal et bande dessinée. Numéro spécial sur l’alcool. Groupe ASCAQ (Mairie de Cherbourg ;
- Collages/affiches par un groupe de la Maison pour Tous d’octeville ;
- Collages/affiches par un groupe de la M.J.C. de Cherbourg.

En 1997, étaient présentés (retour) :

Exposition :

- Scènes de la vie en terre : brève histoire d’une soirée familiale, par la MJC de Cherbourg.
- Des regards de jeunes par la photographie avec le club Léo Lagrange.
- Des Illustrations par le Centre Social de la Glacerie.
- Des sérigraphies avec la MJC Chantereyne.
- Des collages avec la MPT d’Octeville.

Théâtre et expression :

- Une scène d’attente " chez le coiffeur ", avec la MPT d’Octeville.
- Le texte d’Aurélie, avec la MPT d’Octeville.
- Un théâtre forum, " joyeux anniversaire ", avec le collège Diderot de Tourlaville.
- Une scène d’attente, " chez le vétérinaire ", avec la MPT d’Octeville.
- Le texte d’Emilie, avec la MPT d’Octeville.
- Une scène d’attente, " aux urgences ", avec la MPT d’Octeville.
- Le texte de Sarah, avec la MPT d’Octeville.

Continuité de groupes de 1997 :

- Cartes postales, avec la MPT d’Octeville.
- Nouvelles, avec la MPT d’Octeville.
- Chantier d’écriture, avec la MJC Chantereyne.
- Vidéo, avec le club Léo Lagrange.
- Chant, Tourlaville.
- Jeu de société, Tourlaville.

Commentaires :

Le lieu de tenue du Forum était central, vaste, bien aéré, avec une bonne sonorisation et toutes les installations nécessaires. Des micro - cravates seraient néanmoins appréciés. Il était tout à fait adapté à une manifestation de ce genre.

Le public : les autorités étaient présentes (le Président du C.I.P.D., le Procureur...). Le public était nombreux, plus encore lors du second Forum.

Le bar sans alcool en 1997 mettant un accent convivial et sympathique sur la manifestation, en 1998 la salle fut transformée en un immense bar sans alcool, avec des tables invitant à la convivialité. Toutefois le passage entre les tables était difficile.

Les réalisations des jeunes étaient de très bon niveau, malgré le " trac " de ceux qui étaient en représentation (musique, théâtre). Les jeunes avaient visiblement beaucoup travaillé.

En terme de prévention, en 1998, l’ensemble de la manifestation était de qualité et répondait aux attentes ainsi qu’au positionnement méthodologique. Le déni de l’alcoolisation était levé, l’expression était de qualité, la prise en charge de la problématique par les jeunes effective, le produit alcool bien souvent dépassé allant vers la " conduite à risque ", d’autres problématiques pointées (violence...). Toutefois, l’ensemble des encadrants a pu regretter le manque de mise en valeur des jeunes : ils étaient présents pour et au travers de leurs réalisations et pas suffisamment pour eux mêmes.

2.4.2 - L’action : le SALON, " les projets "

Pour mémoire, le salon de 1997 a été un temps très fort pour tout le monde. Les jeunes y étaient nombreux et le niveau de liberté d’expression allant dans le sens de la prévention et de la prise en charge y avait été évalué comme particulièrement important.

Le dialogue avec les adultes présents y avait été fructueux. De nombreuses associations y étaient d’ailleurs représentées.

Les BATACLOWNS, l’enceinte de l’I.U.T, l’intervention du Docteur Sibiref du C.H.A.A. de Caen, le repas en commun, les élus présents,... l’ensemble avait été apprécié.

L’évaluation avait révélé quelques carences dans la forme que nous avons commencé à prendre en compte dés l’année suivante.

le salon 1998 avait pour ordre du jour :

9h00 Accueil des participants avec chocolats chaud, café...
9h30 Ouverture du salon, animé par le Dr Sibiref, discours de M. Magalhaes et explication de la journée
9h45 Présentation des projets par les groupes de jeunes :
- MJC La Grange - Cherbourg
- Centre social - La Glacerie
- MPT1 - Octeville
- Club Léo Lagrange - Tourlaville
- Collège Diderot - Tourlaville
- MPT3 - Octeville
Présentation des projets finis avec la distribution de cartes postales et d'une nouvelle.
Explication des projets des jeunes qui ont abouti et ont été soutenus par les villes de Tourlaville (le jeu) et Octeville (la nouvelle)
11h45 Intervention des BATACLOWNS
12h30 Repas au restaurant universitaire de l'IUT
13h30 Inscription aux tables rondes
14h00 Début des tables rondes :
1) Comment faire respecter l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs ?
2) Alcool et violence
3) Information : connaissance sur la consommation d'alcool
4) Comment passer une bonne soirée sans alcool ?
5) Pourquoi parle t'on d'alcool aujourd'hui ?
6) Où, avec qui et comment parler d'alcool et d'alcoolisation ?
16h00 Pause
16h15 Synthèse des travaux par le Rapporteur
16h45 Intervention des BATACLOWNS et clôture du salon

     2.4.2.1 - La continuité des actions antérieures

Le jeu de société, " Alco " : Suite à la présentation de ce jeu lors du Forum et du Salon 1997, il a été décidé de l’éditer et de le diffuser dans les " structures jeunes " (maison de jeunes, éducation nationale...) de l’agglomération. Si l’engouement rencontré se confirme, il est envisagé en 1999 d’adopter une démarche plus élargie.

La nouvelle, " Square intime " : Edition de la nouvelle et diffusion dans les salles d’attente des cabinets médicaux, voire au marché d’Octeville.

Les cartes postales.

     2.4.2.2 - Le contenu (retour)

Globalement le contenu de la journée était de qualité. Les jeunes ont apprécié et se sont bien positionnés par rapport aux adultes.
L’intervention des BATACLOWNS était meilleure que l’année précédente.
Autour de la table ronde " comment faire respecter l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs ? ", les jeunes ont été actifs. Ils ont exprimé leur désir de mener une action pour faire respecter cette loi. Ils se sont aussi exprimé plus personnellement sur leur quotidien.
A propos de " Alcool et violence ", les jeunes ont fait preuve d’une grande retenue. Les jeunes se sont surtout exprimés sur la violence en milieu scolaire, que ce soit entre les élèves, ou avec les professeurs et l’administration.
Ils reprochent le manque d’écoute sur les problèmes de violence et la sanction systématique dans l’enceinte de l’établissement, ce qui repousse le problème à l’extérieur, où les jeunes ne se sentent pas en sécurité.
Toutefois certains jeunes se sont peu exprimés à certaines tables rondes, soit par retenue, soit à cause d’une trop grande prise de parole de certains adultes (deux) dans une table ronde.
L’intercommunalité au niveau des jeunes a bien fonctionné : " ils rebondissaient sur ce que disaient d’autres groupes ".
Le lieu (l’I.U.T.) a été apprécié : " bien ", " la classe ", " pris au sérieux ", " resto U familial ", " chaleureux ", " micros importants pour la parole "...

     2.4.2.3 - Evaluation de ce qu’il y aurait à améliorer

Le compte rendu des tables rondes n’est pas entièrement satisfaisant :

- d’une part, il n’était pas assez dynamique ;
-
d’autre part, il ne retransmet pas de manière suffisante le travail du groupe (seule une personne rapporte le travail du groupe, ce qui ne donne qu’une vue parcellaire de ce qui s’y est déroulé).

Il s’agit ici d’une question de forme de façon à " faire valoir " et à ne pas laisser " lettre morte " certaines phases de l’expression qui n’ont pas été sans engager leurs auteurs.

La moyenne d’âge des jeunes était inférieure à celle de l’année précédente. Il y avait moins d’adultes en général :

peu de parents, même s’ils accréditent (" ils nous envoient ") ;
peu d’associations représentées (le C.H.A.A. n’était pas représenté par exemple) ;
peu d’élus.

Il est vrai que cette année nos envois d’invitations avaient été quelque peu trop tardifs...

Du point de vue dynamique, la journée est longue.

La journée commence tôt ;
- dans la matinée, si la présentation des projets est indispensable, elle peut paraître répétitive : peu d’échanges à ce moment là, de questions ;
-
dans cette journée chargée les tables rondes, qui en sont pourtant un point fort, cassent en partie la dynamique.

     2.4.2.4 - Propositions pour le prochain Salon

Le Docteur Sibiref devrait être invité au Forum et ainsi mieux se situer dans la dynamique des groupes en repérant leur travail d’expression.

Le Salon pourrait se tenir en une demi journée seulement, peut être en différant les tables rondes. Le débat pourrait se faire directement sur les projets des jeunes lors de leur présentation (leurs messages, leurs méthodes, leurs objectifs...).

Commencer plus tard la journée et laisser plus de temps à la présentation.

2.4.3 - La continuité

     2.4.3.1 - La continuité en terme de durée d’action

L’action 1996-97 fut innovante. Celle de 1997-98 permis de mieux adapter la méthode.

Le temps est un facteur indispensable en prévention, a plusieurs niveaux.

Le temps est indispensable dans l’accompagnement des jeunes dans des actions spécifiques. Une question qui revient est : " touchez vous les jeunes qui ont un problème d’alcool ? ". Actuellement, nous ne touchons pas ces jeunes là mais espérons les atteindre à travers les jeunes avec qui nous avons contact, et prévenir ceux qui sont à risque. Nous touchons souvent ceux qui subissent l’alcoolisation familiale, des autres jeunes... Toutefois, avec le temps, dépassant les résistances au changement et " normalisant " auprès des jeunes ce type d’actions nous espérons pouvoir étendre le noyau de jeunes à d’autres qui auraient adhéré moins spontanément.

Nous avons toutefois plusieurs fois pu relever des indicateurs qui nous permettaient de conclure que l’action faisait réagir, pas toujours comme nous aurions pu le souhaiter mais réagir tout de même (parler d’alcoolisation dérange et renvoi à sa propre consommation même si celle ci n’est pas problématique), des jeunes, ou des moins jeunes, à proximité. Le temps est la seule réponse à apporter aux résistances spontanées.

Nous avons pu noter également un réel besoin de reconnaissance du tissu associatif en tant que moteur à long terme dans l’accompagnement des jeunes ; la continuité de cette action est un soutien à ce tissu et la reconnaissance du bien fondé de l’action dans laquelle il s’est engagé.

     2.4.3.2 - La continuité en terme de réalisation de projets

Le principe de l’action avancé par le Conseil Intercommunal de Prévention de la délinquance est de promouvoir en intercommunalité des actions de prévention, souhaitant que chaque groupe de jeunes puisse mener à bien ses projets dans sa commune (voir précédemment en 2.4.2.1. ce qui a été présenté au Salon). Le travail d’information, formation, mobilisation, expression, constitution d’un projet étant financé dans le cadre du C.I.P.D., reste la question de la prise en charge du coût du moyen de communication par chaque commune afin que la transmission des messages de prévention puisse s’opérer dans chacune de ces communes.

Certaines communes ont su prendre le relais. Néanmoins en terme de projets ceux ci restent trop nombreux sans financements. Certes le Programme Régional de Santé va nous permettre de déposer des demandes de subventions auprès de la D.R.A.S.S. Si nous faisons le maximum pour que l’investissement financier du C.I.P.D. et l’investissement des structures (associatives, collèges) en personnels et en temps ne soit pas vain, s’il est vrai que les communes participent déjà financièrement à travers le C.I.P.D., il nous parait indispensable que chaque commune soutienne les outils de prévention qui vont être utilisés en son sein. C’est cette prise en charge, si minime soit t’elle, qui va ancrer l’action, à travers ses jeunes, dans la commune. C’est à cette condition que les jeunes, au delà de l’activité, vont se sentir investis d’une mission préventive, citoyenne et communale et prolonger l’action dans le temps. C’est également à ce titre que la présence d’élus au Salon est indispensable ; élus qui puissent engager leur commune.

     2.4.3.3 - La continuité en terme d’élargissement de la prévention

La " prévention - alcool " est spécifique en ce sens qu’elle atteint la personne dans sa globalité.
Les jeunes n’hésitent pas à aborder " alcool - violence ", " alcool - drogues "...
Certains jeunes qui ont participé ces deux dernières années souhaitent continuer avec d’autres thèmes de prévention. L’action mène parfois à une demande de la part des jeunes, parfois des encadrants.

Toutefois cette demande n’existe que parce qu’un travail de prévention active a été opéré avec le soucis de la problématique " jeunes ".


3 - Fiche action du projet

3.1 - Projet 1998 - 1999

3.1.1 - Justification de l'action

Le C.I.P.D. a décidé depuis deux ans de poursuivre une action de prévention en direction des jeunes. A l’origine, comme exposé précédemment, des enquêtes ont révélé que l’alcoolisation était un réel problème chez les jeunes sur l’agglomération.

Pourquoi le C.I.P.D. s’est il engagé à poursuivre cette action plusieurs années ? Il s’y est engagé car l’action pour être efficace doit s’inscrire dans le temps.

Cette action va t’elle régler les problèmes déjà existants ? Même si ponctuellement elle peut participer à la résolution de certains problèmes, elle est faite avant tout pour prévenir une extension déjà en germe de la problématique.

La " prévention alcool " occulte t’elle d’autres types de préventions qui pourraient être nécessaires ? Non, car la " prévention alcool " est une porte d’entrée sur la problématique des jeunes et toute autre thème de prévention est possible pour peu qu’il soit conçu avec les mêmes objectifs et la même méthode.

3.1.2 - Exposé des motifs

Une consommation précoce d'alcool par les jeunes est à la fois révélatrice d'un mal-être et génératrice de comportements à risques. Nous sommes ici dans une action de prévention primaire ce qui motive la nécessité de durabilité. Par définition la prévention ne peut viser le court terme. Les faits divers ou les statistiques ne doivent pas nous faire douter de l’objet de la prévention car celui ci, qui peut devenir une drogue " dure ", s’inscrit (prioritairement) dans les comportements à risques qui en sont la finalité.

Les comportements à risque se conjuguent à toutes les personnes : moi, toi, les autres.
Les comportements à risque se conjuguent à tous les temps : passé (enquêtes), présent (action), futur (prévention).
Les comportements à risque se conjuguent à tous les modes : alcoolisation, cannabis, violence...

Ceux qui motivent l’action ce sont ainsi les jeunes eux mêmes et leurs choix dans leurs vies.

3.1.3 - Argumentaire

Entendant le jeune dans sa globalité (retour) , l'alcoolisation en tant que conduite est indissociable de la politoxicomanie, des tentatives de suicide, des passages à l'acte (violences...), maux de ventre... Drogue licite et ancré socio-culturellement, l'alcool est une porte d'entrée dans la "problématique jeunes" et permettant des projections dans le monde adulte : l'avenir, voire le devenir.

L'alcoolisation étant une fuite (de soi en particulier) la méthode consiste à créer de la relation, favoriser l'expression, valoriser les initiatives en rendant les jeunes acteurs de leur prévention, favoriser la prise en charge, la citoyenneté...

Nous savons ce que nous voudrions que les jeunes ne veuillent pas (!) : alcool, cannabis... ou tout du moins nous voudrions qu’ils évitent les risques qui y sont liés.

Mais eux, que veulent ils, quels choix peuvent ils faire ?

L’Etre Humain est ainsi fait que lorsqu’il n’avance pas il recule ! Ceci signifie que lorsque des choix positifs ne s’opèrent pas des conduites à risque, voire ordaliques, se développent : face à un pessimisme social, face à l’ennui... Rendre les jeunes acteurs de leur prévention signifie susciter chez eux la prise de position, le choix de vie en favorisant l’expression, la parole. Et cette fois l’Etre Humain est ainsi fait que lorsqu’il est éclairé et qu’il a le choix... il se positionne tout de même sur ce qu’il y a de meilleur pour lui !

3.2 - Cadre de référence

3.2.1 - Objectif général

L’objectif général est de prévenir les conduites à risques chez les jeunes en visant leurs problématiques dans leur globalité par la " porte d’entrée " que constitue l’alcoolisation.
L’objectif général est de viser le bien être des jeunes dans leur devenir.
L’objectif général est de répondre à une préoccupation intercommunale concernant les conduites à risque, l’alcoolisation en particulier, dans le cadre du C.I.P.D., en souhaitant une prise de relais sur le plan communal.

3.2.2 - Méthode

La méthode développée est inspirée par la méthode "child to child".

Dans le cadre intercommunal, avec l’innovation que constitue l’alcoolisation pour cette méthode et selon les désirs et les réalités des acteurs de terrain, nous sommes amenés à opérer des choix tactiques tout en respectant la stratégie méthodologique globale de la méthode.

3.2.3 - Pédagogie (retour)

La pédagogie, c’est à dire l’approche, se veut " active ". C’est en général déjà la pédagogie des " maisons de jeunes ".

3.2.4 - Axe stratégique

Comme les années précédentes, trois axes stratégiques :

- Formation des encadrants : expression, alcoologie, toxicomanie, violence.
- Expression des jeunes en vue de l'élaboration de messages.
- Communication et élaboration d'outils de communication.

Toutefois l’expérience nous en fait prendre un quatrième maintenant en considération :

- Réalisation, après financement, de l’outil de communication et utilisation, c’est à dire extension de la transmission des messages.

3.2.5 - Objectif opérationnel

Trois objectifs opérationnels majeurs, auxquels s’en rajoute maintenant un quatrième :

Former des encadrants. Ceci est un investissement en termes de bénéfices qui dépasse dans le temps le cadre de l'action.

Le forum : permettre aux jeunes de s'exprimer et d'élaborer des messages à transmettre aux autres jeunes. Objectifs de mobilisation, conscientisation, expression.
Le salon : l'objectif est d'élaborer des outils de communication. Il s'agit de trouver d'autres financements, donc d'impliquer d'autres instances. L'objectif secondaire est aussi de permettre aux jeunes de se rencontrer entre différentes actions et de confronter leur parole à l'écoute des adultes.
Les communes : fabrication, après financement communal, de l’outil de communication pour ceux qui se doivent d’être fabriqués.

3.3 - Bénéficiaires de l'action (retour)

Les jeunes qui participent à l'action ; les jeunes qui côtoient l'action ; les jeunes qui reçoivent les messages.

Par effet "boule de neige", nous pouvons constater que ce sont également les familles ou les adultes de proximité.

Au sens large, tant en amont (formation des encadrants, dynamique locale...) qu’en aval (répercussions de l’action), c'est la communauté qui bénéficie de l'action, tant au niveau sanitaire, judiciaire, social, éducatif...

3.4 - Modalités de l'action

3.4.1 - Niveau géographique d'intervention

La base est la structure accueillante correspondant à un quartier. Ce niveau accueille un groupe : Centre d’Animation Chantereyne de Cherbourg,...

A un second niveau, la commune peut accueillir plusieurs groupes : par exemple le collège Diderot de Tourlaville et la Mairie de Tourlaville.

Au troisième niveau, l’ensemble de ces participants travaillent en intercommunalité tant au niveau de la dynamique que des échanges entre jeunes.

3.4.2 - Type d'action

L'action, liée à la méthode, est dite "active" : capacité de production, de décision, d'expression, de prise en charge, de mobilisation... La pédagogie doit rester en adéquation.

3.4.3 - Moyens d'action

Le Comité de pilotage.
Les réunions hebdomadaires.
L
e concours de "relais" dans les structures (indispensable).
L
e concours d’un intervenant en alcoologie (avec un suivi tout au long de l'action), en expression (CERFOS) et apports ponctuels (par exemple association " Presqu’île ").
Le concours de techniciens (arts plastiques, vidéo...) pour la phase d'expression des jeunes.
Les infrastructures de l’agglomération : moyens matériels (grilles...), services techniques, salles ou amphithéâtres (I.U.T....)... pour les salons et forums,...

3.4.4 - Calendrier

ANNEE 1999 :

Août à octobre 1998 : mobilisation des structures (premiers contacts antérieurs). Mise en place du calendrier.
décembre 1998, janvier 1999 : début des formations.
Janvier à mars 1999: constitution des groupes de jeunes et phase d’expression aboutissant à l’élaboration des messages.
Avril à juin 1999 : constitution d’outils de communication.

A noter qu’il s’agit ici du calendrier pour les nouveaux groupes. Il se peut que des groupes de l’année précédente en soient à leur deuxième année dans une phase de fabrication (communale) de l’outil de communication, soit de transmission de messages avec l’outil de communication.

3.5 - Suivi et évaluation de l’action

3.5.1 - Moyens de suivi

Les moyens de suivi sont classiquement sous forme de questionnaires mais aussi par la prise en notes de l’expression de tout à chacun soit tout au long de l’action soit lors de réunions spécifiques d’évaluation.

3.5.2 - Méthodes d’évaluation

La méthode d’évaluation doit s’inscrire dans le suivi lui même de l’action. Elle consiste, derrière une grille d’évaluation, à constituer des recueils de données à des moments distincts, puis de les confronter. La méthode s’apparente à des " réflexions évaluatives " qui permettent de projeter l’action dans le temps et de la réorienter.

Le recueil de données peut ainsi être quantitatif (nombre de jeunes, d’actions...) ou qualitatif (teneur des messages, ressenti des encadrants...).

3.5.3 - Evaluateurs

Il est préférable, pour des questions de coût et de suivi, que les évaluateurs assurent déjà la coordination de l’action.

3.5.4 - Indicateurs d’évaluation (retour)

Les indicateurs d’évaluation principaux :

En premier chef : l’expression, les messages...
La capacité de prise en charge des jeunes (transmission des messages, actions...).
La transmission communautaire : réactions de l’entourage, des autres jeunes, des élus, l’évolution des articles de journaux...
La capacité à dépasser le " problème alcool " pour aller vers la " problématique jeunes " : capacité des jeunes à la remise en question de conduites à risques dans leur globalité (contenu des échanges).

3.6 - Ressources à mobiliser

3.6.1 - Acteurs impliqués

Infrastructure de l’action :
Conseil Intercommunal de Prévention de la délinquance *.
Contrat Ville *.
Comité Départemental de Prévention de l’Alcoolisme.
Jeunesse et Sports *.
Bureau Information Jeunesse.
Centre Presqu’île.
CERFOS * = financement

Secteur scolaire : Collége Charcot, collége des Provinces, collége Le Ferronay, collége des Provinces, collége Cachin, collége Diderot (+ le Centre de Promotion Sociale de Cherbourg).

Secteur non scolaire idem : Centre de Loisir des Provinces, Maison Pour Tous Léo Lagrange Octeville, Centre Chantereyne Cherbourg, Foyer Camille Béliard, Maison de quartier du Clos des Herches Equeurdreville, Mairie de Tourlaville, Village des Enfants d’Octeville, Mairie de querqueville, Foyer Léo Lagrange de Tourlaville, Centre Social de La Glacerie.

3.6.2 - Budget (retour)

1999

CHARGES

PRODUITS

Intervenants expression 36 000

CIPD 97 000

Forum 20 000

Contrat de Ville 20 000

Salon 20 000

DDJS 20 000

Formation 57 000

 

Frais de gestion 4 000

 

TOTAL 137 000

TOTAL 137 000

3.7 - Outils de communication et de valorisation

L’action en elle même contient ses propres outils de communication gérés par les jeunes eux mêmes : jeux, chants, journaux...

Toutefois l’action doit être soutenue par la presse écrite, les radios locales et FR3 à l’occasion des temps forts, ce qui s’est fait les années précédentes.

A noter l’importance du lien fait à l’intérieur du Comité de Pilotage

La mise en place d’un rapport d’activité/évaluation/projet.

 


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