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Maison
pour tous
1996/98 - Alcool - "Square
intime"
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SQUARE INTIME "
Ce mercredi 28 mai 1997, après une longue après-midi
de préparation, le groupe de jeunes du Square du Nivernais
se réunissait à la Maison Pour Tous d'Octeville.
Ce même après-midi, au quatre et au huit du Square
du Nivernais, ainsi qu'à la Maison Pour Tous, on préparait
des canapés, des toasts, des crêpes et des spécialités
asiatiques. Les jeunes avaient magnifiquement décoré
la salle. Tout le monde voulait passer une agréable soirée.
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Quand tout le monde fut prêt, on se mit à table et
chacun essaya de manger avec ses baguettes les spécialités
asiatiques, c'était difficile. Presque tout le monde abandonna
les baguettes et on se mit à prendre les fourchettes.
Jean-Louis n'était pas encore là et son épouse
commençait à s'inquiéter.
Il était près de onze heures lorsque Jean-Louis arriva
avec un pack de bières et il avait déjà bu
lorsqu'il s'écria :
- "Il manque de l'ambiance ici, alors j'en apporte, j'ai de
la bière pour tout le monde !" |
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Sa femme, Bernadette, était morte de honte. Elle décida
donc de partir parce qu'elle était trop mal à l'aise.
Après cet incident, tout le monde se mit à parler
des méfaits de l'alcool et la soirée se finit tout
de même bien. Chacun rentra chez soi.
Le lendemain en fin de matinée, Jean-Louis se réveilla
et il ne se souvenait plus de rien. Il alla dans la salle de bains
pour passer de l'eau sur son visage car il se sentait barbouillé.
Quand il vit sa tête dans la glace, un sentiment de honte
et de dégoût l'envahirent. |
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Quelques minutes plus tard, il alla dans la cuisine. Sa femme
était furieuse :
- "T'as vu à quelle heure tu te lèves ? Tu
devrais peut-être t'arrêter de boire !"
Jean-Louis : "Qu'est-ce que tu racontes ? J'étais
pas bourré !"
Bernadette : "Tu te fiches de moi. Tu te rappelles pas hier
soir la honte que tu m'as foutu ?"
Jean-Louis : "Tu dis vraiment n'importe quoi ! Tu m'énerves
à la fin".
Bernadette ne lui répondit pas et partit en claquant la
porte. Elle se rendit aussitôt chez son amie Nadine pour
lui expliquer son désarroi.
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Son amie ne fut pas étonnée de la voir parce qu'elle
connaissait parfaitement la situation. Elles discutèrent
longtemps et cherchèrent en vain une solution au problème.
Puis, elle quitta son amie et se retrouvant toute seule, elle
se mit à pleurer. Il fallait que ça change, elle
ne pouvait plus supporter cette situation.
Pendant ce temps là, la fille de Jean-Louis se trouvait
au Square du Nivernais et justement elle discutait de son père
avec son meilleur ami. A ce moment là, leurs camarades
arrivèrent.
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- "Qu'est-ce qui t'arrive, Aurélie, t'en fais une
drôle de tête ?"
- "Oh, c'est rien !"
- "On est tes amis, tu peux tout nous dire. Les amis c'est
là pour ça !"
Aurélie leur dit qu'elle avait marre que son père
boive. Ils lui dirent d'en parler à son père mais
elle ne s'en sentait pas capable. Alors, ils lui conseillèrent
d'en parler à l'infirmière du collège ou d'aller
voir l'assistante sociale.
Son meilleur ami, Guillaume, se proposa de l'accompagner.
Guillaume raccompagna Aurélie et lui promit de l'accompagner
le lendemain. Puis il rentra chez lui avec sa petite soeur Elodie. |
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Aurélie alla directement dans sa chambre et elle alluma
aussitôt sa radio. Elle sortit son journal et écrivit
ceci :
Jeudi 29/05/97 - 19h20 :
Cher journal, j'ai enfin trouvé une solution. Je vais aller
voir l'infirmière du collège avec Guillaume. Il
est vraiment gentil et il me comprend bien ; enfin je crois que
je suis tombée amoureuse de lui. Mais est-ce réciproque
? Nous verrons bien, de toute façon j'ai toute la vie devant
moi.
Bon, Maman m'appelle pour manger. Ca va pas être drôle
parce que les parents vont encore s'engueuler.
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Aurélie partit vite se coucher, son père avait
déjà vidé plusieurs bouteilles de vin. Elle
mit longtemps à s'endormir car elle avait les idées
embrouillées.
Le lendemain
matin.
Bernadette partit travailler et elle dit à Jean-Lous de
se bouger et d'aller à l'A.N.P.E. parce qu'elle voulait
qu'il retrouve du travail.
"Oui, je vais y aller " dit-il tout en sachant qu'il
n'allait pas bouger de chez lui. Il se sentait totalement inutile.
Il ne pensait pas pouvoir retrouver du travail ; il n'y croyait
plus...
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Il pensa à sa femme qui travaillait dur pour nourrir le
foyer. Il avait la gorge serrée et il ne supportait pas
cette situation. Cela n'était pas logique pour lui. C'était
un bon pâtissier mais il n'avait hélas pas eu les
moyens de s'installer, ni même la chance de trouver un travail.
Il voulait se prendre en main mais ne savait pas comment faire.
Même s'il ne voulait pas se l'avouer, il savait très
bien qu'il n'y arriverait pas tout seul, qu'il avait besoin de
l'aide de sa famille et de ses amis.
Les adolescents se retrouvèrent à la récréation
et allèrent à l'infirmerie.
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L'infirmière connaissait bien le problème, elle
leur donna des documentset leur dit que c'était à
la personne elle-même d'aller consulter un médecin.
Les deux jeunes cherchèrent comment convaincre Jean-Louis.
Ils décidèrent d'en parler à la mère
afin qu'elle arrive à persuader son mari d'aller consulter
un généraliste.
Aurélie et Guillaume partirent aussitôt chez les
parents d'Aurélie. Jean-Louis était sorti, normalement
il devait être à l'A.N.P.E.... Aurélie dit
à sa mère qu'elle avait parlé du problème
de son père à l'infirmière et qu'il faudrait
le convaincre d'aller consulter le médecin.
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Bernadette trouva que c'était une bonne idée et
elle décida d'en parler à son mari le soir même.
Vers 20h30, Jean-Louis rentra mais il avait encore bu. Encore
une fois. Aurélie et sa mère avaient mangé
toutes seules et elles avaient même terminé quand
il arriva. Aurélie décida d'aller se coucher car
elle savait que ce soir sa mère parlerait à son
père.
Bernadette : "Alors, te voilà. Enfin, c'est pas trop
tôt".
Jean-Louis : "De toute façon t'es jamais contente.
Une femme ça rouspète tout le temps" etc...
Pour une fois, au bout de la nuit, ils étaient arrivés
à s'entendre et le lendemain matin quand Aurélie
demanda ce qu'il s'était passé, elle fut contente
d'apprendre la bonne nouvelle : son père va prendre un
rendez-vous chez le médecin.
Elle parti au collège et raconta tout à sa copine
Sandrine.
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Le père se rendit chez le médecin. Il eut des difficultés
à lui parler directement de son alcoolisation. Il avait
trop honte. Il lui parla de son état de fatigue, de tremblements
le matin... Mais le médecin qui le connaissait bien comprit
encore mieux où était le problème et l'aida
à s'exprimer.
Le père : "En fait, je crois que j'ai un problème
d'alcool".
Le médecin : "Ce que vous venez de réussir
à me dire est important : Reconnaître ce problème
est la première étape pour aller mieux.
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Il vous faut maintenant faire une cure pour arrêter l'alcool.
Et si vous voulez encore mieux éviter la rechute, une postcure
peut vous aider à changer vos habitudes psychologiques pour
vous retrouver en tant qu'homme et père fier de lui. Plus
tard, un mouvement d'anciens buveurs ou les Centre d'Hygiène
Alimentaire et d'Alcoologie, rue de la Bucaille, pourront vous aider
; vous pouvez d'ailleurs aller discuter avec eux dès maintement.
Vous voyez, vous n'êtes ni seul ni différent des autres,
il y a des gens qui peuvent vous aider, mais vous seul pouvez
prendre les bonnes décisions et vous soigner". |
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Le père : "Si je comprends bien, plutôt que
d'avoir honte de moi, il faut que j'arrête de boire, que
je sois fier de moi si je me soigne, que je me fasse aider, et
comme cela j'aurai même l'énergie de retrouver du
travail. Si vous me dites que je peux me soigner, c'est que vous
croyez en moi. Mais moi, je ne suis pas encore sûr d'en
être capable.
Je vais réfléchir en rentrant chez moi".
Le père revint de chez le médecin avec la ferme
intention de faire une cure. Il en parla avec sa famille et tout
le monde approuva cette sage décision.
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Aurélie décida de fêter la bonne nouvelle
avec ses camarades du Square et elle demanda à ses parents
l'autorisation d'inviter ses amis. Elle acheta du coca, de l'orangina
et prépara une boum.
Samedi soir arriva, tout était prêt. Aurélie
attendait avec impatience l'arrivée de Guillaume. Enfin,
il arriva. Ils dansèrent ensemble. Ils se regardèrent
dans le fond des yeux et s'embrassèrent tendrement.
Tous leurs amis étaient présents et Aurélie
en était ravie. Il y avait Marlène, Sylvain, Cyril
et Caroline. A la tombée de la nuit, Aurélie et Guillaume
durent se séparer malgré eux. Ils avaient tous les
deux le coeur serré ! |
Trois mois plus tard, Jean-Louis sortit de cure. Il n'était
plus dépendant de l'alcool et il avait enfin trouvé
un travail qui l'intéressait. Il était redevenu lui-même.
Il s'était remis à bricoler dans son appartement et
se décida enfin à tapisser son salon. Il consacra
plus de temps à sa fille. De plus, il se remit à faire
du foot. En fait, il avait repris goût à la vie et
avait retrouvé sa bonne humeur, tout allait bien.
Ainsi, il espérait pouvoir un jour monter sa propre patisserie. |
| Les jeunes du Square du Nivernais se retrouvèrent à
la Maison Pour Tous et décidèrent d'écrire
un récit. Une histoire aussi émouvante devrait bien
intéresser du monde et de plus, elle permettrait peut-être
à d'autres personnes de s'en sortir et de ne pas se décourager.
De toute façon, le jeu en valait bien la chandelle. Alors
ils sollicitèrent Annouck qui trouva l'idée bonne
et qui contacta Claire, une amie d'enfance, afin de réaliser
ce projet d'écriture. |
| Après des mois et des mois de travail, ils ont mis à
jour leur projet qu'ils présentèrent au salon "Alcool
paroles de jeunes : Les projets", le 18 octobre 1997 à
l'IUT d'Octeville, où le Député-Maire, Mr Cazeneuve,
promit alors de publier cette nouvelle. |
| Voilà cher lecteur, cette nouvelle sans prétention.
Nous espèrons qu'elle vous aura rendu sensible à ce
problème d'alcoolisation. |
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Nous avons voulu montrer qu'il est toujours possible de s'en
sortir grâce à la solidarité.
En ce qui concerne les personnages de ce récit, on peut
imaginer que dix ans plus tard, Jean-Louis a enfin réalisé
son rêve. Il a ouvert sa pâtisserie tout près
du Square du Nivernais. Quant à Aurélie et Guillaume,
ils se sont mariés et leurs enfants gambadent parmi les
pains au chocolat.
FIN
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